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Trek à Sapa, notre rendez-vous manqué avec le Nord du Vietnam

Le nord du Vietnam, avec ses montagnes et ses rizières en terrasse, est une région qui nous a fait rêver pendant la préparation de ce voyage et que nous attendions avec beaucoup d’impatience. Mais (car il y a un gros « mais ») nous n’avions pas pensé à la météo ! Nos espoirs de trek pour visiter les ethnies locales et de longues balades à moto ont littéralement été douchés dès notre arrivée… Pourtant, tout avait bien commencé…

Après 2 jours d’atterrissage à Hanoi, nous voilà parti en train de nuit direction Sapa. On découvre un vieux train, avec des compartiments fleurant bon les années 70, kitsch à point. Bonne surprise, on n’est que 2 dans notre compartiment de 4, adieu les voisins qui ronflent ! Après un bon petit apéro, on s’installe pour une courte nuit de sommeil, bercés (ou plutôt secoués) par les cahots des rails… Ici, point de TGV, notre train (pourtant « rapide ») mettra 8h pour parcourir 280km !

Arrivée à Lao Cai, ville frontalière avec la Chine, à 6h, après une nuit pas trop mauvaise, on trouve rapidement le minibus jaune municipal (histoire d’échapper aux arnaques des nombreux chauffeurs privés) qui fait la liaison avec Sapa, notre destination finale. Quoique encore endormis, notre enthousiasme est toujours intact malgré la pluie. On espère que ça se dégagera pendant les 45min de minibus… Que nenni ! Au contraire, la pluie redouble, le brouillard s’épaissit et c’est sous des cordes et avec le moral dans les chaussettes qu’on arrive à Sapa.

Pendant nos 8 mois en Amérique du Sud, nous n’avons jamais eu à changer nos plans à cause de la météo (et nous n’avons quasiment jamais eu de pluie). Et, dès notre 3ème jour en Asie, il semblerait que ça soit le cas car les prévisions ne sont pas du tout optimistes, pluie pour les 10 prochains jours ! On se tâte à sauter dans un bus pour repartir direct à Hanoi mais notre fierté nous l’interdit, on n’a pas fait 8h de train pour rien ! Et, parce qu’on commence à être gelés, on se décide à prendre un hôtel pour une nuit et « on verra bien ».

Cependant, sur la route vers l’hôtel, on fait la rencontre de Luxa (à prononcer « Loussa »), petit bout de femme de l’ethnie des Hmongs noirs, vient à notre rencontre : « est-ce que vous voulez venir dormir chez moi ? ». C’est la grosse activité de la région, où est présente une dizaine d’ethnies différentes : des treks de 2-3 jours avec nuit chez des locaux. On a déjà eu quelques propositions similaires depuis le matin par des femmes nous abordant dans la rue mais on les avait toutes refusées. Mais, sans savoir pourquoi, on reste à parler avec Luxa et on change d’avis : let’s go, tant pis pour la pluie !!

Après avoir déposé les gros sacs dans un hôtel et acheté un magnifique poncho de plastique, c’est parti ! Pour éviter d’avoir à patauger dans la gadoue, Luxa nous fait d’abord passer par la route pendant quelques kilomètres puis, plus le choix, terminé la facilité, nous voilà au milieu des rizières, toujours sous la pluie, toujours dans le brouillard. Le chemin est très glissant et sans l’aide des 2 autres femmes Hmongs qui nous accompagne, nous aurions terminé le cul dans la boue à plusieurs reprises ! Elles, elles marchent rapidement sans aucun problème… et quand on est doublés par des enfants qui courent en tongs sur les mêmes chemins que nous, on comprend d’où vient leur adresse !

On en profite pour parler un peu avec Luxa. Elle a 28 ans (et dire qu’on lui en donnait 10 de plus au premier abord), 2 enfants de 4 et 6 ans et un mari qui habitent dans un petit village, où on n’ira pas car c’est trop loin. Elle est toute petite mais très sympa, assez bavarde dans un anglais parfois approximatif mais facilement compréhensible, une fois que l’on s’est habitué à son accent (« tu comprends ce qu’elle veut dire avec « no loula » qu’elle répète tout le temps ?? – Non, je vois pas… – Aaaah c’est « not look like » ! »). Elle a été à l’école jusqu’à 10 ans, ce qui lui a permis d’apprendre le vietnamien (car les Hmongs ont leur propre langue) et, ensuite, elle a appris l’anglais auprès des touristes ! Le nord du Vietnam est une région très pauvre, pendant longtemps abandonnée par Hanoi, et on s’en rend compte en traversant les villages, où les maisons sont parfois misérables… Le tourisme est l’un des seuls moyens de subsistance, avec l’agriculture. On prend conscience de l’importance de ces treks pour les locaux.

Au fur et à mesure de notre descente, on a la chance d’avoir quelques éclaircies dans les averses et un peu plus de visibilité (pas fou non plus, on passe de 100 à 300m de visibilité. On n’est pas à l’époque idéale pour observer les rizières car nous sommes, en théorie, en saison sèche et les rizières sont d’un verre éclatant vers septembre-octobre.

A l’heure de manger, les deux autres femmes qui nous ont accompagné commencent à vouloir nous vendre de l’artisanat (plus ou moins local selon les produits)… Nous le savions, c’est de bonne guerre, c’est leur unique moyen de subsistance donc nous leur achetons deux portes-monnaies.

Après des « fried noodles » qui nous réchauffent un peu, c’est parti pour la dernière partie, toujours sous la pluie ! Dans l’après-midi, nous arrivons à Lao Chai, le village où vit la mère de Luxa, notre guide. Ils ont une maison traditionnelle, de bois et de terre battue, sans aucune isolation et où il fait très froid (étonnant dans cette région montagneuse !) et une boutique « en dur » et mieux isolée, avec 2 chambres attenantes et leurs salles de bain (le grand luxe !), où nous dormirons avec Luxa et sa petite sœur.

Après avoir tenté de sécher nos affaires autour du feu, nous aidons à préparer le dîner, pour nous et pour les cochons. Nous mangeons avec Luxa, sa petite sœur et sa mère, pendant que, dans un lit à côté, son père cuve ses excès de « happy water » (alcool de riz fait maison). Luxa nous dit qu’il est trop malade pour travailler, on voit surtout qu’il est bien alcoolo ! Et j’ai aussi droit à un essayage de la coiffe de fête des Hmongs fleuris, une ethnie cousine ds Hmongs noirs. Très seyant 😉

Après le repas (vers 18h, on mange très tôt en Asie), on va dans la boutique où il fait bien meilleur. On goûte à la « happy water » (bof, de l’eau de vie, c’est pas tellement notre truc) et, surtout, la mère de Luxa passe beaucoup de temps à nous montrer les différents types de broderies, de batiks, de sacs, d’objets qu’elle réalise. On est admiratifs devant sa patience, un costume traditionnel Hmong noir requérant des dizaines et des dizaines d’heures de broderies minutieuses !! Elle nous enseigne aussi les différences entre les costumes des ethnies des villages environnants : Hmongs noirs bien sûr, au costume à dominante… noir, mais aussi Daos rouges (avec des coiffes rouges), Hmongs fleuris (aux habits colorés), Thais, etc. Une soirée très enrichissante ! Et bien sûr, je n’ai pas résisté et j’ai acheté plein de trucs… Ça commence bien !

Le lendemain matin, on termine la randonnée, petite journée en perspective, avec moins de pluie mais toujours dans les nuages. On traverse quelques villages, on découvre des rochers gravés et sacrés (sans comprendre toute l’histoire, l’anglais de Luxa à ses limites). Luxa se confie un peu plus sur sa vie : A l’âge de 4 mois, ses parents biologiques sont décédés et elle a été adopté par des amis de ses parents, avec qui elle a grandi. Elle a eu 3 sœurs et un frère, mais son frère est décédé l’année précédente. Comme elle était la première, elle a dû arrêter l’école à la fin du primaire pour aller travailler. A 20 ans, elle s’est marié et aujourd’hui, à 28 ans, elle a 2 enfants (et n’en veut pas d’autres, ça coûte trop cher !). Ses frères et sœurs ont eu la chance de pouvoir poursuivre leurs études et aujourd’hui, l’une d’entre elle étudie l’anglais à Hanoi. Quand à elle, Luxa, elle n’a jamais été à Hanoi car elle n’en a pas les moyens… Une rencontre qui, encore une fois, nous rappelle la chance que nous avons de pouvoir voyager… Et dire que nous sommes dans une famille plutôt aisée pour le coin, d’après ce que nous avons constaté !

Enfin, après le repas, une camionnette nous ramène à Sapa, humides mais heureux ! Bilan : la randonnée était plutôt simple, et par beau temps elle doit être très facile. Les paysages doivent aussi être superbes, comme Luxa nous le disait « là normalement on a une super vue, mais aujourd’hui… on ne voit rien ! ». Mais les rencontres ont vraiment été magiques, et la maman de Luxa très accueillante. Pour preuve, elle est revenu à notre rencontre de retour à l’hôtel pour nous offrir des bandeaux brodés, c’est trop gentil !

Nous passons l’après-midi à tenter de faire sécher nos affaires à l’hôtel et nous allons nous renseigner à la gare routière pour décider de notre prochaine destination (selon le soleil !). On avait prévu de rester encore quelques jours dans la région pour la parcourir en moto mais aucune éclaircie n’est annoncée à la météo. On nous annonce un bus direct pour la baie d’Halong tous les jours à 21h, et où il y a du beau temps de prévu pour les prochains jours. Ni une ni deux, on change nos plans, on achète un billet pour le soir même et tant pis pour l’hôtel de Sapa qui avait l’air top !

Objectif pour la suite : trouver le soleil, la chaleur et faire sécher toutes nos affaires ! On espère que la nuit en « sleeping bus » va nous porter chance… Et c’est sûr, on reviendra dans la région, mais sous le soleil la prochaine fois !

good to know !

Du 4 au 6 janvier 2017 - 1€=24 000 dongs

Train Hanoi-Lao Cai

440 000 ₫/pers

Nous avons réservé les billets en ligne sur https://www.baolau.com/ car, malgré la commission du site, c'est ce qui était le moins cher. La réservation a été faite le soir à 22h et nous avons reçu les e-billets par mail le lendemain à 8h. Les billets étaient beaucoup plus chers à la gare (obligation de passer par une agence de voyage) et le site officiel des trains vietnamiens ne prend pas encore les cartes de paiement étrangères.

Bus Lao Cai-Sapa

26 000 ₫/pers

Le départ des minibus se fait directement sur la gauche en sortant de la gare. Les minibus sont jaunes, impossible de les louper ! Le prix est fixe et les horaires sont affichés.

Droit d'entrée de la zone de randonnée

75 000 ₫/pers

Trek 2j/1n autour de Sapa

500 000 ₫/pers

Le prix inclut : guide, déjeuner, dîner, nuit, petit-déjeuner et déjeuner du jour suivant. Nous l'avons définit avec Luxa, dans la rue. Elle nous en demandait 600 000₫ au début mais nous l'avons négocié. Au final, nous lui avons laissé 100 000₫ de pourboire et fait beaucoup d'achats !

Minibus Ta Van-Sapa

50 000 ₫/pers

Minibus de fin de trek, pour retourner vers Sapa

Hotel Mimosa

200 000₫

Chambre double avec sdb privée et COUVERTURE CHAUFFANTE !

Bus Sapa-Haiphong

380 000₫/pers (facilement négociable à 350 000, mais nous ne le savions pas encore !)

Départ à 21h, arrivée à 5h. Confortable, comme tous les bus de nuit vietnamiens.

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