Une retraite de yoga à Rishikesh : notre expérience

Namaste ! Il y a tout juste un an, nous démarrions une semaine de retraite dans un ashram de la capitale mondiale du yoga : Rishikesh, en Inde. Totalement novices en yoga et pas vraiment réceptifs au côté spirituel de cette pratique, nous avons pourtant adoré notre séjour à l’ashram Anand Prakash !

Plantons le décor : au début du voyage, jamais nous n’aurions pensé aller faire du yoga dans un ashram. Nous ne prévoyions même pas de passer par l’Inde ! Mais, au fur et à mesure des rencontres, cette destination s’est imposée à nous (et heureusement, car elle a été un énorme coup de cœur !). Et, quand Pia, prof de yoga bordelaise rencontrée en Indonésie, nous a parlé de Rishikesh, ville au bord du Gange, dans les contreforts de l’Himalaya, nous l’avons ajoutée sur notre route. Nous avons découvert que cette ville sacrée, destination de pèlerinages et capitale mondiale du yoga, est devenue célèbre parmi les occidentaux en 1968, quand elle a accueilli les Beatles qui y sont venus en retraite de méditation transcendantale. Ça promet !

Quel ashram choisir à Rishikesh ?

Avant d’arriver à Rishikesh, j’ai commencé à rechercher un ashram ou une école de yoga pour y faire une retraite. Dans l’idéal, nous souhaitions vivre cette expérience à fond, pendant une semaine, en ayant une petite introduction au côté spirituel du yoga mais sans que ça soit trop fort car on sait par avance qu’on n’y est pas trop réceptif (et le côté « secte » nous faisait un peu peur, pour être honnête…). Et, en ligne, difficile d’avoir des retours : peu de voyageurs racontent leur séjour à Rishikesh et donnent leur avis sur les retraites de yoga…

Au fil de mes recherches, je tombe sur un récit à l’ashram Anand Prakash, qui parait correspondre à nos attentes. Leur site Internet est bien fait et les prix très abordables. Comme toujours, nous ne réservons pas avant d’y aller car nous voulons absolument voir, ressentir l’endroit et comparer avec les autres options avant de nous engager.

Nous réservons donc un petit hôtel juste pour la première nuit dans Tapovan, le quartier de l’ashram Anand Prakash. Nous imaginions Rishikesh comme une petite ville paisible sur les bords du Gange… Quelle erreur !! La ville est très étalée, grouillante de monde, de motos, de tuk-tuks, de chantiers… Les bâtiments récents se succèdent sans interruption : un hôtel, une école de yoga, un restaurant, un temple, un immeuble en construction… Aucun charme ! Dès les premières minutes, nous détestons la ville. Il faut dire que la journée de bus local dans la chaleur depuis Delhi n’aide pas…

Nous prenons bien vite un tuk-tuk partagé pour Tapovan, pour un prix raisonnable. Nous trouvons sans mal notre hôtel, sans charme mais récent, propre, au lit confortable et à la douche rafraîchissante.

Dès le lendemain, nous partons à la découverte du quartier : il y a, dans un rayon de 300m, au moins une quinzaine d’écoles de yoga !! C’est vraiment fou. Nous faisons le tour, en étant de plus en plus dépités : aucune ne se distingue, la majorité ressemble plus à un hôpital qu’à un lieu chaleureux, tout le monde a le même discours (mais pas les mêmes prix…), nous ne savons vraiment pas quoi choisir.

Puis nous nous rendons à l’ashram Anand Prakash, tout près. Petite déception : comme il y a une formation en cours, toutes les chambres sont déjà prises. Par contre, on peut, pour 1000 roupies/jour (12€), choisir le live out pass, le pass journalier, qui donne accès à tous les cours (1 de méditation, 2 de yoga), les célébrations (Fire Puja, Kirtan) et 3 repas végétariens. L’immeuble jaune est récent mais très agréable avec son patio intérieur et son toit avec vue sur les montagnes. Banco, on reviendra demain !

En attendant, il faut trouver un hôtel à un prix raisonnable (10€ la nuit en chambre double), ce qui n’est pas chose facile dans ce quartier. Après quelques recherches infructueuses (hôtels soit complets, soit avec le charme d’une chambre d’hôpital), je vais par hasard demander à un restaurant ayurvédique très charmant qui indique aussi homestay. La chambre disponible est très lumineuse, à l’étage d’une vieille maison en bois, avec une salle de bain privée, un grand balcon, Internet et un jardin enchanteur… Le tout à 800 roupies la nuit, soit 10€ et à 100m de l’ashram : parfait ! Et, cerise sur le gâteau, la cuisine du restaurant familial est saine et vraiment délicieuse… On y serait bien resté des semaines ! Voici le nom de ce petit bijou : Ayurpak Restaurant and Homestay.

Enfin, l’ashram demandant d’avoir des habits non moulants et de couleur claire pour faire du yoga, nous allons nous balader dans les rues environnantes pour trouver notre bonheur… La situation de Rishikesh est idéale : en bordure de Gange (qui est d’un beau vert et vient tout droit des montagnes ici, pas comme à Varanasi !), la rivière sacrée des indiens, au milieu des montagnes. Sans l’agitation de la ville, ça serait idéal !

Notre retraite de yoga à Rishikesh

Le lendemain, réveil à 5h15 : ça pique mais notre premier cours de yoga est à 6h ! Nous n’avons jamais été au cours de méditation, de 5h30 à 5h50… Trop tôt pour nous ! Encore bien ensommeillés, nous déroulons notre tapis dans un coin de la salle, d’ailleurs bien remplie. Nous sommes une bonne cinquantaine dans une grande salle plongée dans la pénombre. Le cours débute, nous tentons de suivre Yogrishi Vishvketu, qui a fondé cet ashram. Mantras, étirements… C’est une découverte.

Après une heure et demi de cours, déception : ce n’est pas du tout le type de yoga que l’on imaginait ! On a passé la majeure partie du temps assis, avec beaucoup de blabla, et fait très peu de mouvements. Mais, le silence étant obligatoire jusqu’à la fin du petit déjeuner, on suit les autres et on attend de voir la suite.

Nous nous installons pour la Fire Puja, autour d’un lieu de cérémonie, sur des coussins. Yogrishi Vishvketu s’installe. La musique (live) commence et tout le monde commence à chanter des mantras védiques. Heureusement, la traduction anglaise nous permet de comprendre et de suivre ! Le rythme est doux, prenant, les mélopées à l’unisson sont très agréables et c’est un vrai moment de détente.

Nous avons déjà assisté à de nombreuses Puja en Inde : au bord du Gange à Varanasi, au bord du lac sacré de Pushkar, la veille de la Holi à Jaisalmer, au hasard des rues, devant des maisons… Mais c’est la première fois que nous y participons. La Puja est une pratique védique d’origine chamanique. Le feu central reçoit les offrandes : ghee (beurre clarifié), herbes, fleurs… selon des rituels très précis. Chaque offrande est accompagnée de prières védiques et embaume l’air quand elle rejoint le feu en crépitant.

Comme dit plus haut, nous ne sommes pas très réceptif au caractère religieux de la Puja mais, jour après jour, nous apprivoisons les rituels et chants et apprécions vraiment y participer. C’est un moment de relaxation bienvenu après les 1h30 de yoga et avant le petit déjeuner. Il y a aussi un temps d’échange, pendant lequel nous pouvons poser toutes les questions qui nous passent par la tête à Yogrishi Vishvketu : nous découvrons un homme drôle, au rire unique et très communicatif, très abordable, « moderne » (il vit la moitié de l’année au Canada avec son épouse canadienne et leurs enfants), bien loin de l’image de semi-dieu du Guru inaccessible !

A 8h30, nous allons prendre notre petit déjeuner. La nourriture, préparée selon les principes ayurvédiques, est simple mais variée et vraiment savoureuse. Tous assis en tailleur, en ligne, nous faisons nous-même le service à tour de rôle (comme pour les repas suivants). Avant de commencer, nous récitons toujours un mantra afin de prendre conscience des aliments que nous allons manger, puis le petit déjeuner se déroule dans le silence.

En sortant, nous pouvons enfin commencer à échanger avec les autres. Nous sommes beaucoup d’occidentaux, venant de tous les continents. Une française, apprenant que c’était notre premier cours de yoga, s’écrie « oh mes pauvres, c’était un cours de yoga Kundalini ! Ça n’a pas dû être facile à suivre« . En effet… Voilà pourquoi on n’a pas trop aimé ce premier cours ! Le yoga Kundalini, c’est un yoga « de l’esprit », très porté sur la réflexion, les énergies, le ressenti interne… Sûrement très intéressant quand on a déjà de l’expérience ! Mais ce n’est clairement pas le type de yoga le plus facile à pratiquer pour un premier cours. Elle nous rassure en nous disant que ce n’est habituellement pas comme ça. Nous avons ensuite quartier libre pour la matinée.

A 12h30, retour à l’ashram pour le lunch : toujours bon et végétarien, et cette fois-ci on peut échanger avec nos voisins ! C’est toujours super intéressants d’entendre les histoires et parcours de vie des uns et des autres. Nous sommes ensuite libres jusqu’à 16h.

A 16h, le second cours de yoga commence (de 1h30 aussi). Cette fois-ci, nous sommes juste une dizaine : beaucoup sont en formation avec Yogrishi Vishvketu, d’autres choisissent de n’assister qu’au cours du matin. Le cours de l’après-midi est toujours donné par un des profs indiens de l’ashram, formé par Yogrishi Vishvketu. On découvre l’Akhanda yoga, un type de yoga créé par Yogrishi Vishvketu qui est supposé être très complet. Effectivement, on adore ! Les postures sont assez physiques tout en restant accessibles aux débutants que nous sommes. Pendant nos 5 jours de retraite, nous avons eu 2 ou 3 profs différents l’après-midi : une bonne manière de découvrir différents styles !

Enfin, à 18h, c’est l’heure du dîner, qui se déroule exactement comme le petit déj et le lunch. Deux fois par semaine, nous pouvons parler. Les autres soirs, nous devons rester silencieux. Loin d’être pesant, ce silence est apaisant et, quand nous finissons le dîner, nous sommes totalement relaxés. Nous sommes bien évidemment libres de sortir le soir, même si ce n’est pas vraiment recommandé par l’ashram.

Deux fois par semaine a lieu le kirtan, un moment que j’ai adoré. Tout le monde se rassemble dans le patio à 19h et commence la grosse fête pour les yogis. Des musiciens sont là (souvent des profs de yoga ou personnes séjournant à l’ashram) et on se retrouve à chanter tous en chœur à la gloire de Shiva, Brahma et autres divinités hindoues. Les chants sont généralement très simples et entraînants. Ils commencent toujours doucement puis gagnent en intensité, tout le monde chantant et tapant des mains. Alors que Toni n’a pas été emballé, j’ai adoré ces moments, cette énergie puissante transmise par les voix en chœur… Puis, à 20h30, la fête se calme et tout le monde rentre tranquillement dormir. Inutile de préciser qu’on dormait dès 21h30 après ce programme !

Pendant les jours suivants, nous avons découvert le yoga Akhanda selon Yogrishi Vishvketu… Et c’était mille fois mieux en effet ! Nous avons beaucoup apprécié la qualité de ses enseignements (car le yoga, ce ne sont pas juste des postures. C’est aussi un état d’esprit, une transmission d’intentions), le juste mélange entre asanas (postures), mantras védiques, pranayamas (exercices de respiration), relaxation et méditation, son humour… C’était bien la première fois de notre vie que nous étions heureux de nous lever avant 6h !

Om, shanti, shanti, shanti

Et finalement, les habits larges que nous avions acheté pour 3 fois rien dans les boutiques environnantes se sont révélés pas du tout adaptés à la pratique du yoga (trop larges, trop chauds, pas assez stretch) donc nous avons surtout utilisé les leggings et T-shirts que nous avions déjà, sans problème. Mais, dès que nous sortions du cours, nous nous rhabillions en couleurs claires.

Petit bilan de notre séjour yoga à Rishikesh

Nous qui avions peur du caractère élitiste ou trop religieux d’un ashram, on a vraiment adoré notre retraite de yoga à l’ashram Anand Prakash ! C’est une excellente adresse de Rishikesh. Les cours étaient de qualité, adaptés aux débutants comme aux confirmés, les profs et Yogrishi Vishvketu sympas et accessibles, l’ambiance excellente, les repas sains et savoureux… Que du positif ! Le tout à un rapport qualité-prix imbattable : nous payions 1000 rps/jour (12€) en live out pass, et ceux qui restaient dormir sur place payaient 1200 rps/jour (14€), logement inclus (passé à 1500 rps/jour (18€) depuis).

Au final, dormir à l’extérieur a été une très bonne solution : nous avons été libre de prendre des jours de repos (pour aller faire du rafting sur le Gange par exemple…), cela nous faisait sortir un peu et notre chambre était vraiment top, avec un lit double. Ceux qui dormaient sur place étaient très contents des chambres (doubles ou triples, avec des lits simples) mais il y a deux bâtiments pour les logements et l’un étaient un peu plus loin (à 300m) et plus bruyant à cause de travaux (il y en a dans toute la ville).

Les profs de yoga qui faisaient une formation de perfectionnement nous ont dit qu’elle était de grande qualité. Si on veut devenir prof de yoga (le gros business de Rishikesh), les prix pour les YTT à Anand Prakash sont dans la fourchette haute pour Rishikesh mais cela en vaut apparemment la peine !

Le mois de mars est idéal pour rester à Rishikesh : il n’y fait ni trop froid, ni trop chaud. Il parait que février est encore très froid et comme rares sont les hôtels et écoles de yoga chauffées, on caille… Et à partir d’avril, il commence à faire chaud !

Au final, on a eu un seul regret : comme il faisait trop froid le matin et trop chaud l’aprem, nous n’avons pas pu faire de cours sur le toit, face aux contreforts de l’Himalaya ! Et une semaine, c’était bien trop court : nous y serions bien resté un mois pour acquérir une vraie routine journalière en yoga ! Mais les Annapurna nous appelaient au Népal, nous poussant à ne pas trop nous attarder en route…

A suivre : Rishikesh est tout de même une ville unique, où l’on mange très bien et où il y a plein de trucs à faire. Au fur et à mesure de la semaine, nous lui avons même trouvé un certain charme. Je vais donc vous faire un petit article sur nos meilleures adresses et activités car il n’y a pas que le yoga dans cette ville sacrée !

Curieux d’avoir un autre retour sur l’Anand Prakash Yoga Ashram ? Voici un témoignage correspondant à 100% à notre vécu. Racontez-nous si vous avez testé un autre cours de yoga à Rishikesh !

Voici tous les articles de notre blog voyage sur l‘Inde, véritable pays coup de cœur où nous avons passé 7 semaines :

Morgane

Nous, c'est Toni et Morgane, couple franco-espagnol passionné de voyage. Après 8 mois en Amérique du Sud en 2014, nous sommes repartis début 2017 pour 2 ans et 8 mois de voyage en Asie et Océanie. Un voyage exceptionnel et inoubliable ! Pour en savoir plus, rendez-vous sur cette page "Qui sommes-nous ?" !

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