Les missions jésuites paraguayennes

Peu connues, très peu visitées (comme le Paraguay en général) et souvent délaissées au profit des sites similaires côté argentin (pourtant en moins bon état), les ruines des missions jésuites de Trinidad de Parana et de Jesus de Tavarangüe sont très bien restaurées et désertes ! Et c’était l’occasion pour nous de découvrir les jésuites, ces religieux révolutionnaires qui ont créé une véritable société utopique en Amérique Latine au XVII et XVIII° siècles…

Rappel de l’épisode précédent : après un court séjour à Asunción, la capitale de Paraguay, on continue de découvrir ce pays méconnu… Les 6 heures de route depuis Asunción jusqu’à Encarnación sont une bonne surprise : le pays est vert et vallonné, quelle différence après la traversé du désert du Chaco !! Par contre l’atmosphère est toujours aussi chaude et humide, on est en nage au moindre effort…

Pour nous rendre à la première mission qu’on veut visiter, Trinidad, il faut prendre le bus depuis Encarnación. De nombreux départs depuis la gare routière en face de notre hotel, 30km de bus, pas de soucis en apparence… En pourtant ! On ne le savais pas encore en partant, mais les paraguayens allaient nous rendre fous !

Première mission :  aller d’Encarnación aux missions jésuites

Au début, tout commence bien : on achète à manger (des empanadas et de la sopa paraguaya, qui n’est pas une soupe comme son nom l’indique, mais un espèce de flan de maïs hyper bourratif), on s’installe au début du bus et, roule ma poule, c’est parti ! On demande au gars qui contrôle les billets de nous prévenir quand on est à Trinidad. Il nous demande 2 fois notre destination, on pense que c’est bon, qu’il a compris.

Mais après 45 min à somnoler, on se dit que ça commence à faire long pour 30 km… Donc on demande au gars : « Trinidad ? Mais on vient de le passer ! » En entendant ça, on commence à bouillir intérieurement… Ce n’est pas comme si on s’était mal compris, l’espagnol est quand même la langue maternelle de Toni ! Mais le gars nous fait immédiatement descendre en nous disant que Trinidad est à 2 km en sens inverse.

On commence à marcher le long de la route, il est 14h et c’est le cagnard. Après 15 min à suer, on demande à une station service la distance qu’il nous reste : « Trinidad ? Mais c’est au moins à 7 km ! ». Là, on commence franchement à ne pas être contents. Mais on ravale notre colère (inutile de s’énerver contre les paraguayens, ça c’est un truc qu’on a appris après 2h dans le pays !) et on attend le prochain bus… Qui passe rapidement, heureusement. On demande qu’on nous nous prévienne à Trinidad mais évidemment, le gars ne nous dit rien !! Heureusement, cette fois, on aura été vigilant et on n’a pas loupé l’arrêt.

De la grande route, on a un bon kilomètre de marche jusqu’à l’entrée de la mission de Trinidad, d’où on nous a certifié qu’on pouvait prendre un taxi pour aller à Jesus, l’autre mission inaccessible en transports en commun. Quand on arrive à Trinidad, le site est désert et, bien sûr, pas un taxi à l’horizon. Mais, à l’entrée de Trinidad, ils appellent quelqu’un qui viendra nous chercher pour nous emmener à Jesus. On nous dit qu’il sera là dans 20 min. Mais 20 min après, on revient nous dire qu’il a eu un problème mécanique et qu’il arrivera avec du retard… Nous qui n’avions eu aucun problème pour organiser nos excursions en solo jusqu’à maintenant, on est servis !! Mais cette fois ça va, après 1/2h d’attente, notre chauffeur arrive dans son « bolide ». On craint qu’il rende l’âme à tout moment mais finalement on ira jusqu’à la mission de Jesus, à 12-13km de là… non sans avoir pris une villageoise en stop (alors qu’on paye un taxi « privé », mais pas la force ni l’envie de nous plaindre…).

La mission jésuite de Jesus de Tavarangue

Arrivé à Jesus, la récompense est là : le site est magnifique et désert. Les murs de l’église principale sont encore debout, avec toutes leurs frises très travaillées. L’atmosphère est très reposante et majestueuse… Mais des photos valent mieux que des mots.

30 min après, surprise, notre chauffeur est bien là à nous attendre !! Vu comment la journée avait commencé, on ne s’y attendait même pas…

La mission jésuite de Trinidad del Parana

Il nous ramène à la mission de Trinidad, que l’on peut maintenant prendre le temps de visiter. Encore une fois, on est quasiment les seuls ! Ce site est encore plus grand et mieux conservé que le précédent, et magique au coucher du soleil. C’est un véritable village (qui accueillait 3000 personnes), avec des dizaines de bâtiments organisés autour de la place principale et de la cathédrale.

Un peu d’explications…

Mais que sont ces missions jésuites dont on parle tant ? Petite remontée dans le temps car leur histoire est très intéressante ! Au départ, la compagnie de Jesus est un ordre religieux européen qui a participé à la colonisation de l’Amérique du Sud au XVII et XVIII° siècle, mais, contrairement à la plupart des colons, ils l’ont fait d’une manière pacifique et ont développé un modèle de société utopique.

Les Jésuites ont vite compris que le meilleur moyen d’évangéliser et d’être acceptés des Guarani (les indigènes) était de s’intégrer à leur communauté. Ils ont appris la langue locale (le guarani) et créé des « missions« , de véritables villages qui n’était pas sous contrôle des espagnols et où les Guarani pouvaient garder leur coutumes ancestrales.

L’administration des missions (ou réductions) était assurée par les Guarani eux-mêmes.Tous les biens produits par la communauté étaient redistribués équitablement (le communisme avant l’heure !). La journée de travail était d’environ 6h (contre 12-14h en Europe au même moment !). L’économie des missions était florissante, ils exportaient même à l’international !

Tous les enfants avaient le droit à une éducation de grande qualité dans un collège où les jésuites tenaient particulièrement à l’enseignement des arts (chant, musique, danse, sculpture, enluminure, tir à l’arc…). Un système d’aide était en place pour aider les personnes âgées et les mères célibataires. La peine de mort a été abolie et les soins étaient gratuits, fournis par un hôpital public. Incroyable pour l’époque !!

La culture chrétienne et la culture guarani se sont progressivement mêlées, donnant naissance à un nouveau style.  A l’époque, grâce aux Jésuites, la société Guarani était l’une des plus « moderne » au monde. C’était la première au monde à être entièrement alphabétisées. Mais devant l’importance grandissante des missions (140 000 guaranis dans 30 missions), la Couronne Espagnole a pris peur et a finalement ordonné l’expulsion des Jésuites au cours du XVIII° siècle… Triste fin !

Après avoir visité Trinidad del Parana au coucher du soleil, on a été tuer le temps pendant 2 heures dans le village en attendant le début du spectacle sons & lumières. On a eu le temps de remarquer les préparatifs à l’occasion de la « Noche de la Amistad y la Seduccion » (Nuit de l’Amitié et de la Séduction… Très subtil comme message 😉 ) Puis,avec un petit groupe, on s’est baladé pendant 1/2h dans les ruines, en écoutant le guide, avec un spectacle sons & lumières fonctionnant plus ou moins bien (« bon, là, normalement cette partie devrait s’allumer mais ça ne marche pas en ce moment »). Au final, c’est plutôt une simple visite guidée nocturne, ce qui nous allait tout aussi bien. De nuit, l’atmosphère change du tout au tout par rapport au jour…

Puis le lendemain, il a été temps de quitter le Paraguay (il y a juste un pont à traverser) pour retrouver un pays que l’on connait bien : l’Argentine !

Un voyage au Paraguay en préparation ? Retrouvez tous les articles de notre blog voyage sur le Paraguay, ce pays très peu visité :

good to know !

Le 2 et le 3 août 2014 - 1€ = 5750 guaranis (génial comme taux de change pour les conversions !)

Hotel Germano à Encarnacion

70 000 guaranis la chambre double (2 lits simples)

Des citations de la bible partout, des chambres dépouillées avec des lits simples seulement, on avait l'impression d'être dans un monastère !! Mais c'était propre, très calme et  juste en face du terminal de bus : très bien pour 2 nuits !

Bus Encarnacion-Trinidad

10 000 guaranis/pers si on n'oublie pas de descendre au bon arrêt !

Il y a des départs très fréquents du terminal.

Taxi Trinidad-Jesus :

60 000 guaranis l'A/R

Entrée des missions

25 000 guaranis/pers

C'est un pass qui donne droit aux 3 missions paraguayennes, avec celle de San Cosme, beaucoup plus difficile d'accès

Bus Encarnacion-Posadas (Argentine)

6000 guaranis environ ou 10 AR$

C'est rapide mais il y a parfois des bouchons sur le pont. Préférer le passage aux heures creuses, en milieu de matinée. C'est une ligne de bus urbains, il y en a très souvent.

Morgane

Nous, c'est Toni et Morgane, couple franco-espagnol passionné de voyage, Après 8 mois en Amérique du Sud en 2014, nous avons repris la route le 1er janvier 2017 pour un voyage sans billet retour ! Pour en savoir plus, n'hésite pas à venir faire un tour sur notre page "Qui sommes-nous ?" !

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