Bora Bora, le mythe est-il vérifié ?

Bora Bora… Après Tahiti, voici une nouvelle île mythique face à nous ! Nous avons passé 5 jours en voyage à Bora Bora, 5 jours merveilleux. Nous vous racontons ça ici ! Attention les yeux, il y a encore beaucoup de turquoise !

Voilà une petite carte de Bora Bora pour commencer, avec notre parcours :

Comme d’habitude, le vol est superbe. L’arrivée sur Bora en jette !

Dès qu’on descend de l’avion, on remarque le changement d’ambiance avec Huahine, Raiatea ou encore Maupiti, les autres îles qu’on a visité avant… Il y a bien plus de monde, ça parle majoritairement anglais et l’âge moyen et le tour de taille des touristes a bien augmenté ! Les seuls jeunes que nous croisons sont beaux, pimpants, avec le polo et les sandales compensés, poussant des valises à roulette. Bora Bora, destination des lunes de miel par excellence ! A côté de tout ce beau monde, avec nos sacs à dos crasseux et nos sandales Décathlon, nous détonnons un peu…

Mais nous embarquons bien vite sur la navette gratuite direction la ville principale. Car oui, comme à Maupiti, l’aéroport est situé sur un motu. Les couleurs du lagon sont déjà superbes !

A Vaitape, c’est le choc : la « ville » est moche, il n’y a qu’une route poussiéreuse où les voitures sont pare-choc contre pare-choc. Quelle différence avec la tranquillité des autres villes ! Pour nos 5 jours sur Bora, nous sommes accueillis en couchsurfing par Virginie et son coloc Marcel à Faanui, à 6-7km. Alors on reste un peu à Vaitape en attendant que Marcel, banquier, termine son travail.

En mangeant nos sandwichs devant une boutique, la propriétaire, italienne, vient engager la conversation avec nous. C’est vrai que les backpackers ne courent pas les rues à Bora ! Et, très vite, elle nous apprend qu’elle est arrivée en tant que GO au Club Med il y a vingt ans et qu’elle n’en est jamais repartie, comme beaucoup de GO apparemment… Clin d’œil à mon ancien boulot qui me manque, avouons-le !

Bien vite, nous retrouvons Marcel. En chemin vers la maison, on découvre une île à la végétation luxuriante !

Virginie et Marcel sont vraiment adorables ! On plante notre tente dans leur jardin, juste à côté des poules et de leurs poussins. Virginie est venue à Bora en vacances il y a 17 ans et n’en est jamais repartie… Masseuse dans les hôtels de luxe, elle a aussi ouvert une boutique de belles créations qui invitent au voyage, Island Fairy Bora Bora : des sacs, des pochettes, des bijoux, tout fait à la main ! Sa maison est géniale, avec une vraie âme, à quelques mètres de la mer. Qu’est ce qu’on y est bien…

Marcel est, lui né à Tahiti. C’est un demi : tahitien par sa mère, français par son père. Il est allé en France uniquement pour ses études mais est bien vite revenu sous le soleil de Polynésie ! Et, vu la qualité de vie qu’il a ici, on comprend pourquoi ! Dès le premier soir, il nous emmène voir le coucher de soleil à Matira. Bon, on arrivera un peu tard, mais c’est très chouette comme entrée en matière ! Notre séjour à Bora Bora commence bien !

Et, pas la peine d’aller loin : de chez eux, les couchers de soleil sont magnifiques !

La plage Matira, la meilleure plage de Bora Bora

Le lendemain, Marcel nous propose d’aller nager à la plage Matira, la plus belle plage de l’île. On n’est pas difficiles à convaincre ! Claquage de rétine en vue : les couleurs sont juste incroyables et rivalisent bien avec celles de Maupiti.

Côté snorkelling, ça n’a pas grand intérêt mais je tombe quand même sur une belle raie pastenague au détour d’un rocher. Après les raies manta de Maupiti, les requins de Raiatea et les poissons de toutes les couleurs de Huahine, les fonds marins de Bora Bora n’ont aucun intérêt… Et même Marcel, divemaster, nous déconseille de plonger à Bora.

On termine par un petit gros poisson cru à la tahitienne au snack de la plage, comme souvent dans les îles !

Une répétition pour le Heiva de Bora Bora

A Bora, comme dans les autres îles de la Société, il y a le Heiva en juillet. Pendant quelques jours, des groupes de danses et de chants traditionnels s’affrontent pour tenter de remporter le premier prix. Si celui de Tahiti est le plus prestigieux, celui de Bora est aussi très réputé !

Et Marcel, trésorier de l’association de la commune de Faanui, nous invite bien sûr à aller voir la répétition générale. Si celle qu’on avait vu à Huahine, quelques jours auparavant, était déjà géniale, celle-ci était clairement un niveau au-dessus !

Voici une petite vidéo pour l’ambiance :

Commençons avec les chants, très beaux. On ne comprend rien mais les chœurs sont magnifiques à écouter (quoiqu’un peu fatiguant à la longue…).

Place ensuite aux danses ! Avec une centaine de danseurs sur scène, c’est très impressionnant à voir. Aparima (danse plus lente et mélodique, accompagnée de guitare) et otea (danse rapide et rythmée, accompagnée de percussions) se succèdent, quelques-unes sont même en costume. Ils ne s’arrêtent jamais de bouger, le spectacle est magique !

Le costumier inspecte les « grands costumes », en végétal séché et fait à la main, de tout le monde. La pression est palpable car ils seront aussi évalués sur leurs costumes ! Malheureusement, pour les préserver pour le grand jour, ils ne danseront pas avec… Pareil pour le costume végétal qui sera réalisé 1 ou 2 jours avant la représentation pour un maximum de fraicheur !

Pour l’occasion, tout le monde a sorti ses plus belles couronnes de fleurs… Je suis trop jalouse !

Mais une dame m’offrira la sienne à la fin de la soirée… Là, je suis aux anges ! Petite séance photo le lendemain dans le jardin, avec une couronne aussi offerte à Toni :

Chez Virginie et Marcel, on fait le plein de découvertes culinaines ! Pendant 5 jours, on se gavera de poisson frais. Marcel est revenu un soir avec 2 kg de thon rouge péché par un copain, à manger dès que possible… Pas de problème pour nous !! On aura quasiment tout mangé cru !

On goûte aussi au po’e, qu’on adore ! C’est un dessert à base d’amidon et de fruits (papaye, citrouille ou banane en général), arrosé de lait de coco. Une tuerie !

Le tour de Bora Bora en Twizy

Après 2 premières journées tranquilles, on se motive à bouger. La veille, j’avais contacté l’agence Avis de Bora Bora car nous avions remarqué les Twizy, ces petites voiturettes électriques de Renault au look très drôle… Mais la location (une centaine d’euros par jour, un prix normal pour la Polynésie) était hors-budget pour nous ! Arrivés à l’agence, au lieu de louer des vélos, notre plan initial, Godefroy, le gérant, nous propose de tester la Twizy pour l’après-midi. On est carrément partants !! Merci Avis Bora Bora !

C’est moi la conductrice ! On s’habitue très vite à son maniement, hyper simple. Un bouton pour démarrer, une pédale pour accélérer, une pour ralentir, pas de vitesse à passer. Le moteur, contrairement à ce qu’on imaginait, n’est pas totalement silencieux. Ça doit être pour des raisons de sécurité. Godefroy nous explique que cette voiturette est totalement « propre » car ils ont un champ de 70 panneaux solaires pour les recharger. Même si l’électrique n’est pas parfait, sur une île aussi isolée que Bora, c’est la classe écologique !

Nous voilà, cheveux au vent, roulant à une trentaine de km/h sur les routes de Bora (la voiture peut aller à 50, mais pas besoin à Bora…). L’île n’est pas grande : la route côtière fait 32km. On a largement le temps ! Nous décidons de faire le tour dans le sens des aiguilles d’une montre. Nous mettons le cap sur Faanui pour faire un coucou à Virginie, très surprise de nous voir à bord de cet engin !

En chemin, on s’arrête à une petite fabrique de paréo, sur le bord de la route. Les touristes peuvent réaliser leur propre paréo : un bout de coton qu’on trempe dans différents colorants tout simplement. Ensuite, il suffit de mettre des pochoirs et de l’étaler au soleil. Les couleurs migreront vers le soleil, laissant l’empreinte du pochoir en plus clair. Le prix est raisonnable (1000f) mais ce n’est pas le coup de cœur… On en achètera un ailleurs !

La route est splendide. Très vite, nous arrivons à un ancien canon américain. Après quelques minutes de grimpette, nous avons une belle vue sur la mer et les hôtels de luxe en face ! Une nuit dans un de ces bungalows sur pilotis nous aurait plu mais, à 500€/nuit en premier prix, c’était inimaginable…

 

Il y a de nombreux vestiges de canons car, pendant la guerre, Bora Bora était une base aérienne américaine. Ainsi, entre 1942 et 1946, près de 5000 GI’s débarquent, en réponse à l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais. Bora ne comptait alors que 1200 habitants. Imaginez le choc pour l’île ! Ils construirent la piste d’atterissage (toujours utilisée aujourd’hui, elle fut pendant longtemps le seul aéroport international de Polynésie), 300 bunkers, 8 postes à canons… Pour rien, car les Japonais n’attaquèrent jamais Bora Bora, fort heureusement.

Au détour d’un virage, quelques kilomètres après le canon, nous tombons sur un petit ponton avec deux balançoires au-dessus de l’eau. Après quelques minutes, on file commander des burgers tout près de là et on revient pour manger au dessus de l’eau, en maillot de bain. La vie est belle !

On adore le look de la Twizy, avec ses portes papillon. On se bat pour les ouvrir à chaque fois ! 😀

La route continue, tranquillement, sans arrêt marquant. On hésite à visiter un site avec des canons et une belle vue mais c’est payant… Et la belle vue, on l’a partout !

On terminera par une baignade à la plage de Matira, avant de ramener notre bolide à 17h, super heureux de cet après-midi génial ! La Twizy était une manière reposante, fun et écologique de visiter l’île !

La rando de la Vallée des Rois

A Bora, il n’y a pas que le lagon, contrairement à ce que tous les touristes pensent. Le cœur de l’île, très peu visité, est aussi magnifique ! Virginie nous vante la randonnée de la Vallée des Rois, qu’elle a déjà fait deux fois avec Azdine, un guide à la fois archéologue, ethnologue et botaniste. Banco, allons nous instruire un peu pendant notre séjour à Bora Bora, pour changer !

Le départ se fait de l’église de Faanui. Nous sommes 8 pour la randonnée, dont un couple ne parlant pas français. La balade se fera donc en anglais. Première désillusion car, si Azdine est très bavard en français, il est un peu moins spontané en anglais…

Il commence par nous parler de la culture polynésienne, entre traditions et légendes. Fruits, plantes, il nous montre la richesse de la flore polynésienne. Si, aujourd’hui, la majorité de la population vit sur la côte, ce n’était pas le cas avant : dans toutes les îles de Polynésie Française, les gens vivaient dans les vallées. Ce sont les missionnaires qui, quand ils sont arrivés, ont déplacé les locaux sur la côte pour mieux les contrôler (et les convertir). Ils ont rendu la montagne « tabu », interdite, sous menace de malédiction divine…

Encore aujourd’hui, peu de Polynésiens osent s’y aventurer. C’est, selon Azdine, un grand dommage car ils pourraient, au lieu d’importer 95% de leur nourriture, cultiver de bons fruits et légumes sur les terres très fertiles des îles… Quand on constate la malbouffe et le taux d’obésité, on comprend que c’est un vrai enjeu de santé publique ! Azdine est donc l’un des seuls à s’intéresser au cœur de l’île. Au fur et à mesure de ses recherches, il a découvert des vestiges de villages et de marae, ces plateformes sacrées. C’est sur leurs traces que nous allons…

Sur le chemin, il nous explique les bienfaits de la noix de coco, fruit très complet, nous fait goûter à de la coco germée, nous fait boire à une liane coupée… Il nous montre également des pierres utilisées par les ancêtres pour broyer des fruits et des vestiges d’un village polynésien (une autre découverte qu’il a fait par hasard).

Nous découvrons aussi que nos compagnons de rando sont insupportables : deux ados parlant tout le temps, avec la mère à la traîne et le père filmant tout sur sa Go-pro en continu et de très près. On déteste ce genre de gens et Azdine en a aussi clairement marre !

Puis nous arrivons dans la vallée du marae, magnifique. La panorama est vraiment superbe. Le marae est recouvert d’herbe mais nous voyons clairement un tiki dépasser. Un goûter aurait dû être prévu mais la personne devant l’amener n’est pas au rdv… Tant pis ! Alors que le site n’est qu’à 800m maximum de l’église de Faanui, il avait été totalement oublié par les locaux. Incroyable ! Encore une fois, les missionnaires ont bien fait leur boulot…

Nous continuons. A un moment, Azdine nous fait tous asseoir sur des pierres et nous invite à nous retourner… Et là, magie, nous sommes sous un immense banian !

L’arbre sacré, avec ses branches devenant racines, parait surnaturel. Azdine nous explique que ces arbres servaient à enterrer les rois, il y a bien longtemps. Et, entre les branches de ce banian, une étude radiographique a permis de savoir qu’il y avait 7 dépouilles de rois. Wow. On se sent tellement petit face à ce magnifique arbre…

Puis c’est la descente vers la route de ceinture, que nous atteignons très vite. Nous étions en fait tout près ! Et dire que ces lieux oubliés des locaux n’ont été révélé que grâce au travail et à la patience d’Azdine… C’était une belle balade, très facile (même s’il fait chaud, on est en nage après 5min de marche) et intéressante mais nos compagnons étaient insupportables, ce qui nous a un peu gâché la sortie.

Boire un verre au coucher du soleil à Bora Bora

L’après-midi, nous allons à la plage de Matira en stop, pour changer. En revenant, nous nous arrêtons au Bloody Mary’s, une institution à Bora. Si le restaurant, les pieds dans le sable, vaut le coup d’œil avec toutes ses photos de stars, le meilleur spot au coucher du soleil est le bout du ponton. Nous sommes seuls et le spectacle est grandiose.

Mais nous n’avons pas le temps de nous attarder : nous sommes attendus par Virginie et Marcel au St James, un autre super bar, pour un cocktail avant notre départ. C’est ainsi que nous passons notre dernière soirée au bord de l’eau, à essayer d’apercevoir des raies manta (mais ce n’est pas notre jour de chance)… Encore une belle journée à Bora qui se termine !

Et le lagon de Bora Bora ?

En arrivant, nous avions l’intention de faire l’activité la plus connue de l’île : un tour sur le lagon de Bora, réputé être le plus beau lagon du monde. Nous voyageons toujours en vérifiant l’éthique des activités que nous faisons, et celles de Bora n’échappent pas à la règle. S’il y a une chose que nous souhaitons éviter en Polynésie, c’est le feeding, le nourrissage des raies et des requins.

Sans rentrer dans les détails, le nourrissage d’animaux marins sauvages, qui est anodin s’il est exceptionnel, est un vrai problème lorsqu’il est régulier, comme dans tous les endroits touristiques. Modifications des comportements des animaux, agressivité, habituation à l’homme, transmission de maladies de l’homme à l’animal, nourriture non adaptée… Les conséquences sont nombreuses. Donc, comme nous refusons de monter sur des éléphants ou de prendre des photos avec des singes, reptiles ou chauves-souris (courant en Asie), nous refusons de participer à un tour qui nourrit les animaux.

Nous avons cherché un prestataire qui ne nourrissait pas les raies ou les requins. Et c’est simple : ça n’existe pas à Bora Bora ! La seule chose qu’on nous a proposé, c’était de privatiser un bateau pour ne pas qu’ils le fassent. Euh, comment dire, ce que nous voulons, c’est une entreprise engagée que nous voulons, pas juste une sortie sans feeding ! Activité abandonnée donc, sans regret.

Nous avons donc découvert le lagon depuis la navette de l’aéroport. Ce qui, en soit, est déjà très bien car, une fois qu’on a vu du turquoise, on a tout vu !

5 jours à Bora Bora, le bilan

On redoutait que ça soit trop long, on pensait qu’on allait ne rien pouvoir faire car tout allait être hors de prix… Et on a adoré Bora Bora !! Beaucoup grâce à Virginie et Marcel, nos discussions et repas et bières partagées sur leur terrasse… Deux belles rencontres encore une fois ! L’île est très belle, avec une culture locale encore bien vivante. Et faire un voyage pas cher à Bora Bora, oui, c’est possible, nous l’avons fait ! Nous quittons l’île le cœur gros. Pour la suite, nous changeons d’archipel : direction les Tuamotu !

Une activité nous a été offerte dans le cadre d’un partenariat. Les opinions et choix rédactionnels de cet article nous sont propres.

good to know !

Du 22 au 27 juin 2018 - 1€ = 119,84 francs Pacifique

Navette aéroport-Vaitape

Gratuite

Après chaque arrivée d'avion. Pour le départ, horaire à vérifier sur le quai, à Vaitape.

Randonnée Vallée des Rois

4500f/personne

Comme nous sommes passés par Virginie, nous avons eu le prix local. Sans passer par un local, la rando coûte 6000f/personne. Tout le monde connait Azdine sur l'île, vous trouverez son contact sans trop de problème !

Morgane

Nous, c'est Toni et Morgane, couple franco-espagnol passionné de voyage, Après 8 mois en Amérique du Sud en 2014, nous avons repris la route le 1er janvier 2017 pour un voyage sans billet retour ! Pour en savoir plus, n'hésite pas à venir faire un tour sur notre page "Qui sommes-nous ?" !

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