Premiers pas aux Tuamotu : Rangiroa

Après 3 semaines magnifiques dans les îles de la Société, il est temps de quitter Bora Bora et de changer d’archipel : place aux Tuamotu, le paradis de la plongée ! Au programme : Rangiroa et Fakarava, deux immenses atolls.

Nous n’avions pas prévu au début d’aller aux Tuamotu mais, pendant notre randonnée dans le Parc National d’Abel Tasman, en Nouvelle-Zélande, nous avions croisé un couple de français, la cinquantaine. Alors que nous leurs racontions notre envie d’aller en Polynésie Française, ils nous disaient qu’on ne pouvait pas ne pas aller aux Tuamotu si on aimait la plongée. Vous connaissez la suite : après avoir un peu hésité (budget oblige) et (rapidement) pesé le pour et le contre, nous avons pris un pass Air Tahiti « Bora Bora Tuamotu » !

Les Tuamotu, c’est l’archipel situé au nord-est des îles de la Société. Il est immense : 68 îles sur une surface équivalente à une bonne partie de l’Europe Centrale. Toutes ses îles ont la particularité d’être des atolls : de minces bandes d’anciens récifs coralliens en cercle. Il y a des millions d’années, il y avait un volcan au centre, comme pour les îles de la Société actuelles, qui sont des îles hautes. Le volcan s’est peu à peu affaissé, jusqu’à disparaître. Seul l’anneau corallien l’entourant a résisté, formant les atolls actuels.

Rangiroa, c’est l’atoll le plus important des Tuamotu. C’est le plus grand : 80km de long, 32km de large. On pourrait y loger l’île de Tahiti en entier ! Il est très réputé pour la plongée avec ses passes aux forts courants : c’ést l’atoll le plus visité de Polynésie.

Les passes, ce sont les ruptures dans l’anneau corallien, anciennement formée par les cours d’eau du volcan central (le corail ne pousse pas dans l’eau douce) et permettant au lagon de se vider ou de se remplir, selon les marées. On les voit très bien en arrivant en avion !

Nous rejoignons en stop la maison de Ludwig, l’apiculteur de Rangiroa, qui a accepté de nous accueillir en couchsurfing pour 3 jours. On devait dormir en tente dans son jardin mais il nous propose de prendre la chambre destinée à Airbnb, libre en ce moment. Super sympa ! On rencontre Lucas, son fils de 5 ans. Au final, on l’aura assez peu croisé car il a été très occupé pendant notre séjour… Dommage car il était très intéressant !

Plongées parmi les dauphins et requins de Rangiroa

L’activité principale de Rangiroa, ce n’est pas la plage (il y en a très peu et elles ne sont pas belles) mais la plongée !

On a acheté notre pass de plongée à Tahiti. En effet, tous les clubs de Polynésie proposent des forfaits 5/10 plongées avec des prix réduits. Comme on souhaitait plonger sur 2 îles différentes (et partager un pass 10 plongées entre nous deux), on a choisi le Te Moana Diving Pass : il permet de plonger dans 10 îles et est valable dans 14 club, pour un prix de 69 000f les 10 plongée. Très intéressant ! Et, ce qui est encore plus intéressant, c’est qu’il y a un tarif local à 62 000f pour les résidents… mais personne ne vérifie si l’on est vraiment résident à l’achat ! On dit ça, on dit rien…

Comme notre budget est limité, nous choisissons de ne plonger que 5 fois chacun (snif ! spoiler : ce n’est pas assez !) et de partager nos plongées entre 2 îles : 3 plongées à Rangiroa et 2 plongées à Fakarava. C’est bien peu face à la beauté des îles… Mais bon, il faut faire des choix quand on fait un long voyage !

Nous plongeons avec le seul club de Rangiroa dans lequel le pass est valable : The 6 Passengers. C’est une grosse boite, on sent qu’il y a beaucoup de plongeurs mais tout est bien organisé. Emplacement superbe, matos pas de première jeunesse mais OK, briefings bien fait, moniteurs compétents. Les palanquées sont de 4 ou 5 en plus du moniteur.

Notre première plongée sera directement en arrivant, quelques heures après avoir atterrit : c’est la plongée Sunset, juste avant le couché du soleil, juste à l’angle de la passe Tiputa.

Pour une première plongée, nous en prenons plein les yeux : c’est la période de la reproduction des poissons chirurgiens. Les poissons jaillissent, lâchent leurs œufs et leur semence, très furtivement. Ça fait plein de mini feux d’artifice. La scène ne dure que moins d’une seconde et se reproduit des dizaines de fois sous nos yeux, et sous ceux des requins qui rodent… Nous voyons des requins gris et pointe noire, plus gros, des barracudas, d’énormes thons… Du beau monde !

Malheureusement, nous n’avons qu’une caméra de mauvaise qualité, une SJcam. Dès que la luminosité est basse, les photos et vidéos sont très mauvaises… Au retour de la Polynésie, on a d’ailleurs investi dans un matériel de compèt : un compact expert d’occasion, le Canon G7x, et son boitier qui va sous l’eau. Vous le verrez avec les photos d’Indonésie, la qualité n’a rien à voir !

Nous rentrons de cette seconde plongée des étoiles dans les yeux : on a hâte d’être au lendemain !

Au programme de cette deuxième journée : deux plongées « profondes » dans la passe de Tiputa, entre 20 et 30m. La première, en courant sortant, est prévue le matin et la seconde, en courant entrant, l’après-midi.

La particularité de Rangiroa, en plus de la diversité de la faune pélagique (requins, barracudas, thons, espadons, etc), c’est qu’il y a un banc de dauphins très amicaux qui n’hésitent pas à venir jouer avec les plongeurs ! Nous espérons donc les croiser…

Pour la première plongée en courant sortant, nous allons au même lieu que hier soir, à l’angle externe de la passe. Quelques minutes après nous être mis à l’eau, nous entendons les dauphins : ils ne sont pas loin ! Assez rapidement, nous en voyons 2 passer au dessus de nous. Même s’ils ne sont pas tout près, c’est magique ! Malheureusement, ils ne viennent pas vers nous… A la sortie, nous apprendrons qu’ils auront été jouer avec l’autre palanquée… Tant pis, c’est ça qui fait la magie de la plongée !

Heureusement, la plongée est très belle : beaucoup de poissons (napoléons, balistes titan, barracudas, carangues…), une tortue imbriquée, des espadons (magnifiques et pas très fréquents !).

A la fin de cette première plongée, nous avons la chance de recroiser des dauphins : une mère et son bébé, cette fois-ci beaucoup plus proches. La mère lâchera même un caca magistral face à nous, que nous avons en vidéo…

(désolés pour la qualité, on n’est absolument pas vidéastes !)

La deuxième plongée est particulière : c’est une plongée dérivante. Elle est appelée ainsi car on se laisse dériver dans le courant entrant dans la passe. Dit comme ça, ça à l’air simple, mais c’est en fait assez technique car, dès qu’il y a du courant, il est beaucoup plus difficile de contrôler sa trajectoire, sa vitesse, de rester avec sa palanquée, de ne pas s’essouffler ni consommer trop d’air… Une première pour nous !

Nous espérons tomber sur des requins et raies manta qui profitent du courant entrant pour chasser. Dès le début, nous croisons trois belles raies léopard, puis deux raies manta, à quelques dizaines de mètres en dessous de nous. Ça promet !

Nous observons ensuite un tapis de requin, car à Rangiroa, il y a énormément de requins. Selon les courants, ils forment des « murs de requins ». Ce sont en fait d’énormes groupes de requins gris, pointes noires et/ou pointes blanches (40-50 individus minimum), très impressionnants et sans danger. L’objectif de cette plongée était d’en voir un… Malheureusement, nous n’avons qu’un tapis de requins : le sol, à 50-60m de profondeur, était littéralement recouvert de requins ! Mais, depuis nos 30m de profondeur, ils nous paraissaient bien loin… Nous en croisons tout de même quelques-uns, individuellement.

Une fois dans la passe, le courant est très fort. On défile à une vitesse impressionnante, voyez la vidéo ! Pas facile de maîtriser sa vitesse en s’approchant plus ou moins du le sol ! On réussit tout de même à rester groupés et à aller au même endroit pour terminer la plongée : l’aquarium, qui porte bien son nom. Dans 5-10m d’eau, nous sommes au milieu de milliers de poissons multicolores ! On terminera en beauté avec un beau lion-fish et un gros requin pointe blanche qui dormait dans une grotte.

Alors qu’aux Fidji, on trouvait ça incroyable de croiser un ou deux requins pendant une plongée, ici on est blasé de ne rencontrer « que » 5-6 requins… Les Tuamotu sont vraiment dingues !

Après ces trois belles plongées, on rend notre matériel, à regret… On reviendra, c’est sûr !

Se balader dans Rangiroa

Grâce aux vélos que Ludwig nous a prêté, nous sommes autonomes. Nous en profitons pour aller boire un verre au Rangi Plage avec Pierre et Céline, un couple qui était avec nous à la pension à Maupiti puis qu’on a rencontré à Tahaa ensuite et avec qui on a plongé à Rangiroa… Tout le monde fait plus ou moins le même circuit ! On assistera à un beau lever de lune.

Juste après, nous allons à la fête de fin d’année de l’école d’Avatoru : les enfants font un spectacle en costumes locaux. Trop mignon !

Le lendemain, c’est (déjà !) notre dernière journée à Rangiroa. Trois nuits, ça passe très vite !

Nous voulions faire une excursion avec Léon, le prestataire le plus connu, pour aller à l’Ile aux Récifs, un motu soulevé assez unique. Un seul soucis : depuis début 2018, le prix de l’excursion est passé de 7500f à 9000f (75€)… Beaucoup trop pour nous ! On abandonne donc cette idée, sans regret.

De bon matin, nous allons visiter Gauguin’s Pearl, la dernière ferme perlière de Rangiroa située juste en face de chez Ludwig. La visite est bien complète et très sympa, mais, après celle faite à Tahaa, on n’apprend pas grand chose de plus. Par contre, les perles à vendre sont bien plus chères qu’à Tahaa ! Pour ceux qui voudraient y aller, il y a 3 visites guidées gratuites par jour (8h30, 10h30 et 14h), du lundi au vendredi.

Nous enfourchons nos vélos pour continuer à parcourir le motu. D’Avatoru (la « capitale ») à Tiputa, à l’autre bout, il y a 10km. Le motu fait, en moyenne, 200m de large… C’est tout petit ! On s’en rend vraiment compte en pédalant , à voir l’océan d’un côté et le lagon de l’autre.

Nous pédalons jusqu’à la Cité des dauphins, un point de vue au bord de la passe de Tiputa avec quelques bancs. Par courant sortant, c’est possible de voir les dauphins jouer et sauter dans les vagues. Malheureusement, ce n’est pas à leur programme aujourd’hui… Nous voyons quelques nageoires émerger des vagues mais nous regardons surtout deux jeunes s’amuser à surfer dans les vagues en mangeant un sandwich super bon à la vraie terrine et au bon pain. Acheté à Ma’a Mika, près de l’aéroport, c’est une tuerie !!

Après ça, nous pédalons jusqu’au bout de la route puis nous faisons demi-tour pour aller à la plage publique de Rangiroa. « Plage » est un bien grand mot : elle est tout petite, avec peu de sable corallien et bien crade…

Mais nous sommes inquiets : Toni a bien mal à une oreille après les 3 plongées qu’on a fait. S’il a une otite, c’est très mauvais signe pour les 2 plongées restantes à Fakarava… Mais il est trop tard pour consulter aujourd’hui, nous irons le lendemain.

Nous terminons la journée avec un petit pédalage jusqu’à Avatoru, la « capitale » de l’île, à l’autre bout du motu. La maison de Ludwig est situé au milieu du motu donc c’est très pratique. En route, nous arrêtons à la boutique du Vin de Tahiti, le seule domaine viticole de Polynésie. Il est situé sur un motu à Rangiroa. C’est fou d’avoir eu l’idée de créer un vignoble dans un lieu pareil ! Nous ne faisons pas la dégustation (qui a lieu les lundi, mercredi et vendredi à 17h), trop chère pour nous (2000f/personne pour une vidéo et une petite dégustation) mais nous craquons pour du vin blanc moelleux. On le dégustera à Fakarava, notre prochaine étape… Ils ont aussi deux type de vin blanc plus sec (le Blanc de Corail et le Clos du Récif) et du rosé.

A Avatoru, il y a une jolie église avec, à l’extérieur, un monument tout en nacre.

Comme d’habitude en Polynésie, nous assistons à un superbe coucher de soleil face à la passe d’Avatoru, beaucoup plus large que celle de Tiputa !

Avant de partir, le lendemain, nous faisons le plein de souvenirs à la petite boutique d’artisanat face à l’aéroport. Nous repartons avec du bon miel de Ludwig et des savons au miel pour continuer à profiter de la douceur de Rangiroa pendant quelques temps…

Le docteur, ancien médecin militaire ayant dépassé depuis longtemps l’âge de la retraite, se montre très rassurant pour l’oreille de Toni : « Pas de problème, c’est le syndrome de Sadam, tu peux continuer à plonger !!« . Euh, ouai, très rassurant dit comme ça… Le syndrome de Sadam est en faite sans gravité, c’est simplement une inflammation du nerf de la mâchoire (qui remonte jusqu’à l’oreille) provoquée par le mordillement du tuba ou du détendeur. Pas très connu mais typique des plongeurs et baigneurs apparemment ! Et l’oreille n’étant pas du tout touchée, on peut continuer à plonger sans problème. Soulagement !! On est fin prêts pour de nouvelles aventure à Fakarava !

3 jours à Rangiroa, le bilan

3 jours c’était court… Imposé par les horaires des avions, nous n’avons pas eu le choix. Etant donné que notre budget plongé était limité, c’était très bien !! Si on vient pour plonger, on peut facilement y rester une semaine. Si on ne fait pas de plongée… s’arrêter à Rangiroa a moins d’intérêt.

C’est sympa, mais pas incroyable par rapport à toutes les autres îles que nous avons visité. Même Fakarava était plus sympa pour les non-plongeurs ! Si on ne fait pas de couchsurfing, la pension/camping la moins chère de Rangiroa est Rangi Plage. Au final, pas de coup de cœur pour l’île de Rangiroa en elle-même mais, question plongée, c’est juste incroyable, la barre est très haute pour la suite !

good to know !

Du 27 au 30 juin 2018 - 1€ = 119,84 francs Pacifique

Morgane

Nous, c'est Toni et Morgane, couple franco-espagnol passionné de voyage, Après 8 mois en Amérique du Sud en 2014, nous avons repris la route le 1er janvier 2017 pour un voyage sans billet retour ! Pour en savoir plus, n'hésite pas à venir faire un tour sur notre page "Qui sommes-nous ?" !

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