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Roadtrip dans le Northland

A peine au volant de notre cher petit Mazda Bongo, c’est parti sur les routes de la Nouvelle-Zélande ! Après tout ce qu’on a pu lire, voir, entendre sur ce pays ces derniers mois, on a vraiment hâte de le découvrir par nous-mêmes. Après avoir acheté notre van à Auckland, direction la « Terre sans hiver », le Northland !

Le Northland, c’est cette péninsule de terre de 330 km de long au nord d’Auckland. Comme on est dans l’hémisphère sud, plus on monte au nord, plus les températures sont agréables en hiver. En ce début d’automne, le Northland nous parait donc idéal pour commencer la vie dans le van en douceur !

Voici notre trajet, avec nos coins préférés, du 1er au 11 mai 2017 :

Pour la plupart des balades, nous avions le Frenzy Guide, vraiment top ! C’est vraiment le meilleur guide existant sur le pays pour ceux qui aiment la rando et les itinéraires en dehors des sentiers battus. On a aussi le Rough Guide et le Lonely Planet « Hiking & tramping in NZ » mais ils ne nous ont pas été très utiles.

Concernant la recherche d’endroits où dormir, nous avons utilisé les applications Wikicamps et Campermate (avec une préférence pour la première, qui permet de faire des recherches plus précises et de créer un carnet de bord avec tous les endroits visités). L’appli Gaspy permet de repérer les stations services les moins chères.  Des indispensables en roadtrip !

J1 : Shakespear Regional Park – 105 km

En réalité, nous sommes partis d’Hamilton car nous y étions hébergés. Notre premier bivouac et notre point de départ a donc été au nord d’Auckland, au Gulf Harbour de Whangaparaoa. Un parking en bord de mer, avec vue sur le centre d’Auckland de l’autre côté de la baie. Parfait pour commencer !

La soirée n’a pas été de tout repos : alors qu’on est tranquillement installés à lire, quelqu’un vient frapper à la porte. On sursaute, pourtant on est bien garés sur les parkings autorisés ! Mais c’est la voisine, une australienne, qui rend son camping-car le lendemain et qui voudrait savoir si on est intéressés par un peu de nourriture (« quelques patates, un peu de riz, pas grand chose ») car sinon ça part à la poubelle.  Et la voilà qui revient quelques minutes plus tard avec des énormes sacs débordants de bouffe !!  On a du mal à y croire, c’est tellement gentil ! Voilà qui remplit nos placards tout vides et qui résout le problème des courses pour quelques jours… Mais, alors qu’on commence à cuisiner notre premier repas chaud dans le van, bim, plus de gaz, la bouteille est vide. Et, alors qu’on a plein de bouffe super appétissante sous nos yeux, on doit se résoudre à manger du pain et du cheddar… Nous voilà directement plongés dans les joies de la vie en van !

Le lendemain, direction le Shakespear Regional Park, à quelque kilomètres, pour une petite balade. La vue est splendide, avec les pâturages verdoyants se jetant dans la mer et Auckland en toile de fond. Dès notre première journée, on en prend plein les yeux !

Après cela, (et après avoir cherché pendant longtemps un remplisseur de bouteilles de gaz), nous allons dormir sur le parking du centre de Waipu, une petite bourgade très tranquille. Nettement moins sexy que la nuit précédente mais on a l’avantage d’être tout près de la grotte de Waipu, notre objectif du lendemain !

J2 : Waipu Cave & Whangarei – 90 km

La grotte de Waipu, ou Waipu Cave, a une originalité qui nous intrigue beaucoup : elle est remplit de glowworms, de vers luisants ! Et, contrairement à la plus connue et très chère Waitomo Caves, elle est gratuite et très simple d’accès. Alors on chausse nos sandales (pour marcher dans l’eau), on met des habits qui ne craignent pas la boue, on prend nos frontales et le trépied et c’est parti ! Après une centaine de mètres à patauger dans la grotte, on éteint nos lampes et la magie commence à opérer : un plafond lumineux apparaît. Au fur et à mesure que nos yeux s’habituent à l’obscurité, c’est de plus en plus impressionnant. Magique ! Après y avoir passé 1/2h, on ressort, tout éblouis. Voilà un truc qu’on n’avait jamais vu avant !

Après cela, arrêt obligé à Whangarei pour prendre une douche bien méritée à l’i-Site, l’Office du Tourisme néo-zélandais. Mais pendant que Toni cuisine, le gaz se coupe, impossible de le faire sortir de la bouteille (alors qu’on l’a fait remplir la veille, souvenez-vous). On fait le tour des remplisseurs de gaz qui sont unanimes : le bouchon a cassé, impossible de la vider ou de la faire re-remplir, il faut la changer ! On se serait bien passé de cette dépense imprévue si tôt après le départ mais on n’a pas le choix (et la dépense reste minime, on relativise !). Du coup, tant qu’on est sur place, en profite pour aller voir les Whangarei Falls, de mignonnes chutes d’eau en pleine ville.

Nous prenons ensuite la route des Whangarei Heads, qui longe la côte, jusqu’à la jolie Urquharts Bay. Un endroit parfait pour passer la nuit : un tout petit parking avec toilettes ouvertes 24h/24, à 20m de la mer. On s’endort bercés par les vagues…

J3 : Whangarei Heads & Matapouri Bay – 90 km

On commence la journée par un peu d’exercice : une balade de 2h dans la Bream Head Scenic Reserve, le long de la côte. Des pâturages, aux forêts, en passant par les plages aux eaux turquoises de la Smugglers Bay… Tout en fouillant la mer du regard pour essayer d’apercevoir des dauphins, très fréquents dans le coin ! Mais ce n’est pas notre jour de chance, on ne verra rien.

On reprend ensuite la route vers le Nord, par l’intérieur des terres au début (où on est rassuré par la capacité du van à grimper les côtes !) puis le long de la mer ensuite. Où qu’on soit, la vue est toujours très belle ! On arrive à Matapouri Bay, une longue plage absolument magnifique.

Mais on n’est pas venu là pour faire trempette (le mer est beaucoup trop froide pour un barcelonais) : on est à la recherche des Mermaid Pools, qui ne sont normalement accessibles qu’à marée basse. On est à marée descendante, mais pas encore basse donc on espère que ça passera ! On commence à chercher le début du chemin pour y aller, sans résultat… Finalement, on comprend : le chemin commence à l’extrémité gauche de la plage, qui est encore sous l’eau. C’est pas ça qui va nous arrêter : on retrousse les pantalons, on fait un peu d’escalade sur les rochers et ça passe nickel ! Une bonne grimpette nous attend, à laquelle on ne s’attendait pas du tout ! Finalement, après 1/2h de marche, on arrive aux fameuses Mermaid Pools : des piscines transparentes et grouillantes de vie qui se découvrent à marée basse, et dans lesquelles on peut se baigner en été. On s’approche, Toni m’appelle car il vient de voir un crabe sortir de l’eau juste devant lui et… surprise, un beau poulpe est juste à la surface, à essayer d’attraper ce crabe ! Encore mieux qu’à l’aquarium ! (et ne vous inquiétez pas, le crabe a survécu !)

Une fois de retour dans le van, on s’arrête sur une plage un peu plus loin pour observer un superbe coucher de soleil (Woolleys Bay, qui est aussi un super site de free camp) puis on continue un peu, tant qu’il fait encore jour, jusqu’au lac Waro où on passe une nouvelle nuit au bord de l’eau.

J4 : Russell & Kerikeri – 115 km

C’est une longue journée qui nous attend : les distances que nous parcourons ne sont pas énormes mais la route prend beaucoup de temps car elle est très sinueuse… Mais de toute manière, van et rapidité ça fait 2 !

Premier objectif de la journée : Russell et la Bay of Islands. C’est une baie très touristique, avec des dizaines d’îles et des dizaines de croisières pour aller voir les dauphins au large. Mais ce n’est pas ce qui nous intéresse aujourd’hui (on en verra plus tard des dauphins). On préfère aller se balader dans Russell pour avoir des beaux points de vue sur la baie. Premier point de vue accessible en voiture (easy !) : Flagstaff Hill, qui offre une jolie vue.

Mais ce n’est qu’une mise « en rétine » car Tapeka Point, notre deuxième petite balade, est bien plus belle.

Mais tout ça, ça nous ouvre l’appétit : on décide donc de se faire notre premier fish & chips. Deux poissons et une grosse frite pour deux, ça devrait aller… Mais quand on nous amène un paquet énorme, on se demande s’il n’y a pas une erreur ! Mais non, c’est juste qu’il y a au moins 1 kg de frites (j’exagère à peine) !! Le poisson frais était succulent mais on n’a même pas pu finir les frites (et pourtant ceux qui nous connaissent savent qu’on a un très bon appétit !). Russell, on se souviendra de ton fish & chips !

A part ça, on se balade dans le village, très mignon, puis on décide de prendre le ferry pour traverser la baie et nous éviter un détour d’1h. Pour le prendre, rien de plus simple : depuis Okiato, la route mène directement (et littéralement) au ferry. A peine sur le ferry, alors que Toni vient de se garer et d’éteindre le moteur, mon cœur fait un bon « le van bouge, serre le frein à main !! ». Mais non, c’est le ferry qui est déjà parti ! 15 min et 12$ plus tard, nous voici de l’autre côté. On débarque aussi facilement qu’on avait embarqué et hop, c’est reparti sans perte de temps !

Direction le deuxième objectif de la journée : trouver des toilettes… Mais pas n’importe lesquelles : on veut voir les toilettes faites par Hundertwasser, un architecte qu’on adore, qui est totalement barré et dont on avait découvert plusieurs immeubles à Vienne ! Il a habité en Nouvelle-Zélande et a construit les toilettes publiques de Kawakawa. Ce sont sûrement les toilettes les plus visitées du pays ! Et les plus jolies aussi (et on commence à s’y connaître niveau toilettes publiques !) Ce n’est quand même pas fou et, en dehors de ça, le village n’a pas vraiment d’intérêt.

Troisième et dernier objectif de la journée : Kerikeri (à prononcer sur l’air de la pub pour le Kiri !). C’est un des premiers lieux où les colons se sont installés au XIXème siècle. La ville a une importance historique toute particulière car c’est là qu’on peut trouver Mission House, la plus vieille maison de Nouvelle-Zélande (faite de bois et construite en 1822), Stone Store, juste à côté, la plus vieille maison de pierre du pays (1832) et même le plus vieil arbre fruitier du pays (un poirier planté en 1819) ! Le tout dans un joli petit coin, au bord de la rivière et collés à des sites maoris importants, témoins de l’entente qu’il a régné pendant un moment entre maoris et missionnaires britanniques. C’est très particulier de penser que tout ça a eu lieu au XIXème siècle seulement… On se rend compte que la NZ est vraiment un pays très récent.

Pour dormir, c’est un peu plus compliqué dans cette région. Il n’y a pas de free camp, d’endroit où le camping sauvage est autorisé. Mais on s’est arrêté à Kerikeri car le RSA local (l’association des anciens combattants néo-zélandais, toujours très active) autorise qu’on se gare pour la nuit sur leur parking si on est self-contained (on l’est, c’est une certification qui prouve qu’on est autonomes en eau, toilettes et déchets) et si on va consommer à leur bar. Ça tombe bien, c’est soirée blues ce soir avec musique live ! La musique est très sympa, la bière très bonne, on passe une super soirée jusqu’à ce qu’on tombe sur un vieux insupportable.

Ce soir là, on est 2 véhicules de garés pour la nuit : nous et un bus aménagé. Sauf que l’homme de ce bus a décidé que, comme nous n’étions pas membre de l’association de caravaning national, on n’avait pas le droit de rester dormir. Les responsables du RSA nous assurent qu’il n’y a aucun problème et vont même lui dire de se calmer. Mais l’homme se fait de plus en plus menaçant, jurant par tous les moyens de nous empêcher de dormir ici pour la soirée, nous interpelle dans la salle… La troisième fois, je craque et je commence à pleurer. Aussitôt, j’ai 10 personnes autour de moi pour me consoler, les responsables qui vont engueuler le mec, les serveuses qui prennent nos verres et les re-remplissent sans nous donner le choix, tout le monde qui vient nous parler pour nous demander d’où on vient, ce qu’on fait… Adorable ! Et on n’entendra plus parler du vieux, qui cause régulièrement des scandales d’après les responsables et serveuses du RSA. C’est, à ce jour, (après plus de 2 mois en NZ), notre seule rencontre avec un kiwi désagréable !

J5 : Cap Reinga – 200 km

Après une nuit calme, direction le Far North ! Enfin, depuis le moment qu’on l’attend ! Comme son nom l’indique, c’est le nord du Northland. La péninsule se termine par une longue langue de terre très étroite, d’une centaine de km de long, où les paysages deviennent beaucoup plus monotones. Heureusement, plus on approche du Cap Reinga, plus la vue devient spectaculaire entre dunes et mer !

Le Cap Reinga est connu pour être le point le plus au nord de l’île, même si ce n’est pas tout à fait vrai… Mais il a une vraie importance car il est sacré pour les Maoris. C’est l’endroit où l’âme des morts quittent la terre en passant par les racines d’un arbre sacré, âgé de 800 ans, pour rejoindre Hawaiki, la terre d’origine des peuples polynésiens. C’est un très bel endroit, qui est resté assez sauvage malgré le nombre de touristes. Tout près, un petit phare blanc tout mignon permet d’admirer les eaux de la mer de Tasmanie et l’océan Pacifique qui se rencontrent. On est resté plusieurs heures à profiter de l’atmosphère sereine du lieux et des superbes vues sur les falaises et les dunes environnantes…

Le phare à gauche et la pointe de terre avec l’arbre sacré à droite :

Et, même si nous n’étions qu’en début d’après-midi, on a décidé de ne pas aller plus loin et de nous poser au camping de Tapotupotu Bay, tout proche où, pour 8$/pers, nous avons le droit de camper au bord d’une petite plage magnifique.

J6 : Te Paki Dunes, 90 Miles Beach & Karikari Peninsula – 185 km

En se réveillant, on saute de joie en voyant la couleur du ciel ! Vite, on retourne au Cap Reinga avant que ça se couvre pour prendre de meilleures photos ! Sur la dernière photo, en contrebas, l’arbre sacré pour les Maoris.

On reprend la route sans tarder car le programme de la journée est chargé ! Prochain arrêt quelques kilomètres plus loin aux dunes géantes de Te Paki. Elles sont vraiment impressionnantes, immenses et avec une vue splendide sur la côte et le début de la 90 Miles Beach depuis le sommet. C’est autre chose que les dunes ridicules de Mui Né, au Vietnam !

Nous nous dirigeons ensuite vers cette fameuse 90 Miles Beach, célèbre dans tout le pays. Il s’agit d’une plage de 90 km de long sur laquelle on peut conduire en 4×4 ou en voiture normale pendant les 6 heures entourant la marée basse. On n’a pas essayé avec notre van, trop de peut de l’enlisement et surtout du sel, le meilleur ami de la rouille ! Mais on a pu le constater : c’est une vraie autoroute ! Les locaux préfèrent souvent passer par la plage, plus rapide que la route.

On y est entré au niveau de Utea Park, un camping qui avait l’air très chouette, avec une proprio accueillante. Mais il était un peu tôt pour nous arrêter, dommage…

Si vous voulez tenter l’aventure, renseignez-vous d’abord sur les horaires de marée pour être sûr d’avoir le temps de faire les 90 km pendant les 6h entourant la marée basse. Si vous commencez par le sud, attendez les énormes bus 4×4 qui transportent les touristes depuis la Bay of Islands et engagez-vous à leur suite. Par le Nord, on peut commencer par le Te Paki stream, un petit ruisseau qui passe au milieu des dunes. Et ensuite, il ne reste plus qu’à rouler sur le sable humide uniquement !! Et, avant de quitter le Far North, passez à la station service Kauri Kingdom à Awanui, spécialisée dans le dessalage des châssis… Attention, la majorité des loueurs de véhicules n’autorisent pas la conduite sur la 90 Miles Beach !

On roule ensuite vers la Péninsule Karikari, devant laquelle on était déjà passé à l’aller mais on ne s’était pas arrêtés, trop pressés d’arriver au Cap Reinga ! On va directement à Puheke Hill, un petit volcan au cône bien régulier. Après 25min de grimpette depuis le parking de la plage (celui plus haut est inaccessible), on arrive au sommet à l’heure du coucher de soleil, qui est magnifique…

Direction notre free camp du soir, toujours face à la mer et bercés par les vagues…

J7 : Ngawha Springs – 115 km

Au réveil, on décide d’aller voir la curiosité locale qui est à 500m d’où on a dormi, le Rotopokaka Lake, aussi appelé Coca Cola Lake par les locaux. On vous laisse deviner pourquoi avec la photo…

Sa couleur bizarre vient des minéraux présents dans l’eau et on peut s’y baigner sans problème en été (il parait même que c’est très bon pour la peau).

Suite du programme : douche chaude gratuite aux toilettes publiques de Kaitaia (le BONHEUR après 3 jours sans douche !!), courses et route vers les Ngawha Springs.

Les Ngawha Springs, ce sont des sources d’eaux naturelles très riches en minéraux, plus ou moins chaudes et tenues par une communauté Maori (et au prix royal de 4$ par personne)

On y arrive vers 15h et, à part 3 autres personnes, on est les seuls. Le pied ! On va de piscine en piscine (il y en a une quinzaine) pour toutes les tester. Chacune a un nom (Bulldog, Baby, Tanemahuta, Solomon, Favourite, Doctor…) et des propriétés bien spéciales (soigner un mal de dos, les problèmes de vue, de peau, la circulation sanguine…). L’eau va du vert foncé au noir en passant par le gris-jaune, le sol brûle, ça bulle, ça sent le souffre, on ADORE !

Mais vers 16h un car entier d’américains surexcités débarque… Bye bye la tranquillité ! Heureusement, après 1h on a à nouveau les piscines pour nous, avec la nuit qui est tombée entre temps. Il ne reste plus qu’à prendre une douche (froide) pour essayer (sans succès) de faire partir l’odeur et trouver un endroit pour la nuit (il n’y a aucun free camp dans les environs). Ça va être plus simple que ce à quoi on s’attendait : la fille de l’accueil nous réponds « pas de problème, remontez 500m sur la route, vous verrez une maison verte, c’est chez Dave, vous pouvez dormir dans son jardin« . OK, de toute manière on n’a pas d’autre option.

Dave se révèle être un maori super accueillant, nous laissant utiliser sa cuisine, ses toilettes, son salon gratuitement. Seule la douche est à 5$. Sa maison est un fait un lodge (mais indiqué nulle part, ni sur la route ni sur Internet). Le lendemain, on prendra le petit déjeuner avec sa famille et il nous offrira des pommes de son jardin avant de repartir ! Ça, c’est de l’accueil néo-zélandais !!

J8 : Koutu Boulders, Opononi, Omapere & Waipoua Forest – 110 km

On poursuite lentement mais sûrement notre redescente vers le sud, mais avec quelques détours…avec le premier de la journée : les Koutu Boulders. Tous les rochers de la plage sont ronds comme des boules de pétanque, les plus gros atteignant 2m de haut. Très curieux !

On poursuit ensuite la superbe route le long de la côte vers Opononi. Alors qu’on s’est arrêté pour profiter de la belle vue, on découvre que ce tout petit village a eu son heure de gloire en 1955 grâce à un dauphin, Opo, célèbre dans tout le pays. Il est resté pendant un an face au village, à jouer avec les baigneurs et les bateaux des pêcheurs, avant de mourir, probablement d’une maladie apportée par l’homme. Opo a même sa tombe au bord de la route, face à la mer ! Et 60 ans après, Opo le dauphin est toujours partout dans le village…

Quelques kilomètres plus loin, on s’arrête à Omapere pour faire une super petite balade autour de l’embouchure de la rivière Hokianga et pique-niquer au soleil.

Nous roulons ensuite vers une autre étape très attendue de cette région : la Waipoua Forest, plus grosse forêt de kauris de la région. Les kauris, ce sont des arbres vraiment spéciaux. Ils ne poussent que dans le nord de la NZ, au dessus d’Auckland. Le Northland en était auparavant couvert, mais les colons ont découvert en arrivant qu’ils étaient parfaits pour les bateaux. En moins de 100 ans, au XIXème siécle, plus de 90% des kauris ont été coupés. Sachant que c’est un arbre qui met 800 ans à atteindre sa taille adulte et qu’il peut vivre plus de 2000 ans, on imagine facilement que, même si les kauris sont très protégés aujourd’hui, les forêts ne vont pas repousser du jour au lendemain…

Immenses et majestueux, ils dégagent quelque chose d’indescriptible. On se sent tout petit, même si ces géants sont très fragiles. A chaque fois qu’on entre dans une forêt de kauris, il faut se brosser et se désinfecter les chaussures pour ne pas transmettre une maladie qui les tue très rapidement.

Notre premier arrêt sera pour saluer Tane Mahuta, le « seigneur de la forêt ». Âgé d’environ 2000 ans, c’est celui qui a le tronc le plus volumineux du pays.

Alors que nous sommes assis au point de vue, à le regarder, un jeune s’installe à coté de nous et commence spontanément à nous donner plein d’information sur ces arbres, qu’on ne connaissait pas du tout à ce moment-là. Il est maori et, pour son peuple, Tane Mahuta a une très grande importance car il est le fils de Ranginui, son père le ciel, et de Papatuanuku, sa mère la terre dans l’histoire de la création du monde.

Nous allons ensuite voir un autre géant, un peu plus loin : Te Matua Ngahere, le « père de la forêt ». Son tronc est beaucoup plus large que le précédent (mais moins haut) et c’est un papy d’environ 4000 ans (ou 3000, ils ne sont pas très sûrs).

Et on adore tellement les kauris qu’on s’arrêtera en chemin à tous les endroits « visitables » de la forêt ! Et pour la nuit, quoi de mieux qu’un camping tout près d’une forêt de kauris remplie de kiwis ? Pas les néo-zélandais, pas les fruits, mais les oiseaux, très rares et quasiment impossible à voir à l’état sauvage ! Dès qu’on entend parler, on file directement vers le Trounson Kauri Park ! Le camping n’est pas donné (15$/pers) mais il y a des douches chaudes, une cuisine équipée et plein de kiwis, et ça ça n’a pas de prix ! On passe une sympathique soirée entre voyageurs (des français et des allemands, comme partout en NZ) et, à la tombée de la nuit, tout un groupe part dans la forêt. Mais il est trop tôt pour nous, on préfère mettre toutes les chances de notre côté. Les kiwis sont des animaux nocturnes, impossible à observer pendant la journée.

A 22h, on décide d’y aller. On prend nos frontales, nos timbales orange (pour créer une lumière rouge et ne pas effrayer les kiwis) et c’est parti. Rapidement, on éteint les lumières, inutiles par cette nuit de pleine lune. L’atmosphère est très spéciale, avec la lune qui illumine les arbres au fur et à mesure du chemin… Par contre, point de kiwi à l’horizon ! On entend quelques cris au loin mais rien près de nous. Dépités, après avoir mis 1h30 pour faire 2km, on s’apprête à rentrer au van… mais on déteste s’avouer vaincus et on décide de refaire quelques mètres au début de la boucle, sans trop d’espoir… Et là, MIRACLE ! Un bruit de feuillage à quelques mètres de nous, sur la droite. On s’immobilise. Les minutes passent, le bruit continue… Il ne doit plus être très loin… Et après 5, 10, 15 min, on ne sait pas, voilà qu’on commence à voir une silhouette. UN KIWI !!! On a du mal à y croire, c’est juste exceptionnel ! Tout doucement, on tourne nos lumières mieux voir, en faisant très attention à ne pas l’effrayer. Mais non, il ne prête absolument pas attention à nous. Alors on l’éclaire franchement avec une frontale. Un kiwi, c’est énorme !! Il continue à fouiller les feuilles, en avançant le long du chemin. Pendant 2 min, on va le suivre, en l’observant de tous les côtés. Puis il retourne dans les bois, sans avoir eu l’air dérangé !

On retourne au van sur un petit nuage, sans arriver à y croire (ni à dormir !). On a quand même conscience d’avoir eu une chance énorme ! Tous les kiwis (les néo-zélandais cette fois) rencontrés par la suite nous ont dit qu’ils n’en avaient jamais vu en liberté.

Un conseil si vous allez au Trounson Kauri Park : allez-y tard, après minuit si possible ! Une française, qui a été dans la forêt après nous, entre 1 et 3h du matin, a pu en voir 2 furtivement. Mais tout ceux qui y ont été avant nous n’ont rien vu.

J9 : Tokatoka Peak & Piroa Falls – 150 km

Après cette soirée riche en émotions, on enchaîne avec journée très tranquille pour terminer la boucle. De la route, rien d’autre ! Enfin, c’est ce qui était au programme. En passant à côté d’une petite colline, on voit qu’on peut grimper à son sommet. Hop, on s’arrête ! C’est Tokatoka Peak. La vue est très belle, ça grimpe bien pour y aller, c’est une petite balade comme on les aime !

De la même manière, on s’arrête aux Piroa Falls, très facilement accessibles.

Et, pour terminer en beauté, un petit free camp comme on les aime, au bord de l’eau à Port Albert (de retour dans la région d’Auckland) !

Et voilà ! Notre petit tour du Northland se termine… Si ça a avait été la bonne saison, on serait se serait attardés sur les magnifiques plages de la côte est et du Far North pendant quelques jours de plus. Mais l’avantage de voyager hors-saison, c’est qu’on était quasiment seuls à chaque stop ! Pas sûr que ça aurait eu le même charme en été… Et on a eu un temps superbe pendant ces 10 jours : le Northland en automne, c’est magique !

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